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Bâtir une compagnie d'humour à Montréal : les défis et ce que j'ai appris

Bâtir une compagnie d'humour à Montréal : les défis et ce que j'ai appris

Quand j'ai lancé Laugh It Off MTL à l'automne 2025, c'était une seule soirée d'animation au Bar Mollie, sur le Plateau. Aujourd'hui, on présente des shows de standup en anglais et en français dans près de 10 bars et restaurants à travers la ville.

Voir ça grandir, c'est incroyable. C'est aussi beaucoup.

Ça fait environ 10 ans que je fais du standup à Montréal, alors je pensais bien connaître le milieu. Et c'était vrai, du moins sur scène. Produire, c'est une autre job complètement. T'es le designer, le marketeur, le booker, celui qui parle avec la salle et celui qui s'assure que le micro marche.

Voici ce que j'ai appris en chemin.

Trouver la bonne image pour ta marque

Les gens décident s'ils viennent à un show bien avant de mettre les pieds dans la salle. La plupart du temps, la première chose qu'ils voient, c'est une affiche dans leur fil. Si elle les accroche pas, tu les as perdus.

Beaucoup de monde utilise l'IA pour ses visuels dernièrement, et je comprends. C'est rapide. Moi, je préfère tout faire à partir de zéro dans Canva. Ça prend plus de temps, mais ça me ressemble, et je pense que le public sent la différence.

Ma meilleure source d'inspiration, c'est de scroller sur les réseaux sociaux. Quand une publication me fait arrêter, je me demande pourquoi. C'est les couleurs? La mise en page? La façon dont elle te donne le vibe de la soirée en une seconde? Je copie personne. J'apprends de ce qui marche et je trouve comment l'adapter à notre marque.

La plus grosse leçon ici, c'est la constance. Quand quelqu'un voit nos couleurs, l'ambre, le rouge et le noir, je veux qu'il sache que c'est un show Laugh It Off avant même de lire un seul mot.

Développer des compétences dont je pensais jamais avoir besoin

Je me suis jamais vu comme un rédacteur. Aujourd'hui, j'écris des captions, des descriptions d'événements, des courriels, des pubs, et oui, des articles de blogue comme celui que tu lis en ce moment.

Écrire des blagues, ça aide. Dans les deux cas, il faut en dire plus avec moins de mots. Mais vendre un show, c'est un talent en soi, et je l'apprends encore chaque semaine.

Ensuite, il y a le défi de remplir la salle.

Montréal, c'est une des meilleures villes d'humour au monde. C'est une chance, mais c'est aussi un défi. N'importe quel soir de la semaine, il y a une tonne d'excellents shows qui se battent pour le même public. Tu peux pas juste publier ton show pis espérer que le monde se présente. Faut que tu leur donnes une raison de choisir le tien.

Ce que j'ai appris : le marketing, c'est pas séparé du show. Ça fait partie du show. Si y'a personne dans les sièges, ça change rien à quel point le lineup est drôle.

Travailler avec les salles

Une salle, c'est pas juste un endroit où installer un micro. C'est un partenaire. On te prête un espace, une équipe et une soirée.

Ça veut dire établir des attentes claires des deux côtés. Moi, j'ai besoin de certaines choses pour offrir un bon show au public : un son qui marche, une salle où les gens entendent vraiment, des places assises face à la scène. La salle, elle, a besoin que la soirée soit rentable, ce qui veut dire du monde qui commande à boire et à manger.

Les deux doivent être vrais pour qu'un show dure.

La leçon : avoir la conversation tôt et être honnête. La plupart des problèmes que j'ai vécus venaient d'attentes que personne avait dites à voix haute.

C'est une business de monde

J'adore travailler avec les humoristes. Vraiment, chacun d'entre eux. Mais c'est une business de monde, et le monde a des personnalités différentes. Ça inclut la mienne. Je dois gérer ma propre personnalité autant que celle des autres.

Des fois, ça clash. Ça arrive.

Quand ça arrive, je reviens à ce qui compte le plus pour moi : que le show se passe bien, que le public ait du fun et que la salle fasse de l'argent.

Si tu m'aimes pas, c'est correct. Faut juste qu'on se respecte. T'as pas besoin que tout le monde soit ton ami. T'as besoin que tout le monde respecte la salle.

Le public passe toujours en premier

S'il y a une chose que je voudrais que chaque producteur et chaque humoriste retienne de ce texte, c'est ça.

Tout repose sur une chose : que le public passe une belle soirée.

Si le public a pas de fun, il reviendra pas. S'il revient pas, la salle fait pas d'argent. Si la salle fait pas d'argent, le show arrête. Et si le show arrête, les humoristes perdent une place pour jouer, travailler leur matériel et s'améliorer.

Tout est connecté. Le public, c'est le début de la chaîne. C'est pour ça que c'est là que je mets mon attention en premier, chaque soir.

Voir les humoristes grandir (et le problème des mêmes blagues)

Une des plus belles parties de cette job, c'est de voir autant d'humoristes passer dans nos salles pour tester du nouveau matériel, s'améliorer et grandir. Honnêtement, c'est un privilège d'être témoin de ça.

Mais voici mon plus gros défi : les habitués qui entendent les mêmes blagues encore et encore de la part de certains humoristes.

Je comprends pourquoi ça arrive. T'as un set qui marche, pis tu veux bien faire. C'est pas non plus ma place de dire quoi faire à un humoriste, à moins qu'il me le demande.

Cela dit, ma préférence est claire, et je l'encourage chaque fois que j'en ai la chance : continuez d'écrire. Essayez du nouveau stock, peaufinez, testez et continuez de grandir. C'est comme ça qu'on bâtit un public fidèle, et c'est comme ça que les humoristes se font booker plus souvent. Du nouveau matériel, ça donne aux gens une raison de revenir.

Prends Peter Bowen. Le gars écrit constamment du nouveau stock, et il tue à chaque fois. Il est respectueux, c'est un plaisir de travailler avec lui, et il est hilarant sur scène. À part le fait qu'il est classiquement en retard (mais il me prévient toujours d'avance, alors ça me dérange pas), c'est exactement le genre d'humoriste que j'admire et qui m'inspire. Et il est loin d'être le seul dans cette ville à me pousser à être meilleur.

Trouver l'équilibre

Voici le bout dont personne parle sur les réseaux.

Je suis un solopreneur. Je fais grandir une business, je travaille une autre job et j'essaie d'avoir une vie personnelle en même temps. Certaines semaines, trouver cet équilibre est plus difficile que n'importe quel show.

Donner une chance à tout le monde, c'est dur aussi. Il y a plus de bons humoristes que de places dans un lineup, et je veux être juste envers chacun. Je réussis pas toujours parfaitement. Mais j'essaie, et je vais continuer d'essayer.

Ce que j'ai appris, c'est que tu peux pas tout faire en même temps. Tu choisis ce qui compte le plus, tu le fais bien, pis tu bâtis à partir de là.

La suite

Laugh It Off MTL est encore jeune, et j'ai encore beaucoup de choses à comprendre. Mais chaque show m'apprend quelque chose, et je changerais ça pour rien au monde.

Si t'es déjà venu à un de nos shows, merci. C'est grâce à toi que tout ça fonctionne.

Si t'es pas encore venu, viens voir ce qu'on est en train de bâtir. Amène un ami. Ou deux. On te garde une place.